Une facture à 5.500 milliards pour le réchauffement climatique

novembre 2, 2006 by

Une facture à 5.500 milliards pour le réchauffement climatique


Selon un rapport britannique, le réchauffement planétaire va coûter 5.500 milliards d’euros à l’économie mondiale si rien n’est fait dans les dix prochaines années.

La «vérité qui dérange» a maintenant un prix. Un rapport de Sir Nicholas Stern, conseiller économique du chancelier britannique Gordon Brown et ancien responsable des études économiques de la Banque Mondiale, qui doit être lu lundi 30 octobre annonce que le réchauffement planétaire va coûter 5 500 milliards d’euros à l’économie mondiale si rien n’est fait dans les dix prochaines années.

36 790 euros par personne

Ce coût apocalyptique pourrait dépasser celui des deux guerres mondiales cumulées et représente l’ensemble des dépenses publicitaires mondiales actuelles. Pour Downing street (le Matignon britannique), cet événement pourrait être un tournant décisif de la politique internationale. Au-delà de la récession mondiale certaine, 200 millions de personnes deviendraient des réfugiés à cause de la sécheresse et des inondations provoquant ainsi la plus grande vague migratoire de l’histoire
moderne. Le prix pour empêcher une telle catastrophe humanitaire et éviter que la facture ne se multiplie par 20 a été estimé par Sir Nicholas Stern a 1% du PIB annuel mondial, soit 275 billions d’euros.

Les 6,5 milliards d’habitants de la planète devraient ainsi débourser chacun environ 36 790 euros.

Augmenter les taxes pour payer le prix
L’urgence est telle qu’un nouvel accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui se veut plus efficace que Kyoto, devrait voir le jour dès l’année prochaine et non en 2010-2011 comme prévu. Cette volonté s’explique par le refus du gouvernement Bush de signer le protocole de Kyoto et les émissions galopantes chinoises qui ont quasiment rattrapé celles des Etats-Unis.

«La nécessité d’action est urgente» estime Sir Nicholas Stern qui rappelle que la réponse doit être «mondiale mais aussi individuelle» dans les habitudes domestiques. Selon lui, les taxes sur la voiture et l’avion doivent augmenter et d’après le quotidien «The Observer» le ministère de l’environnement britannique aurait déjà proposé à Gordon Brown une série d’augmentation des taxes sur l’environnement.

Chiffres déforestation amazonie

novembre 1, 2006 by

Des 998 millions d’hectares de forêts en 1970, il ne restait que 958 millions en 1980, 919 en 1990 et 913 en 1994, soit plus de 60% de la quantité coupée sur l’ensemble de la planète. On estime, la destruction de la floresta amazonica à 5,8 millions d’hectares par an.

Cette déforestation progresse d’année en année et les études scientifiques établissent que le cycle de 25 à 30 ans nécessaire pour la régénération, c’est à dire la reconstruction des parties détruites, n’est désormais plus respecté. 

Privatiser la forêt amazonienne ? Facile

octobre 31, 2006 by

Johan Eliasch vient d’acquérir deux immenses parcelles en plein cœur de l’Amazonie.

Ce millionnaire, qui dit vouloir sauver le poumon de la planète, milite pour que d’autres lui emboîtent le pas.
En dehors de quelques membres de la jet-set et d’une poignée de lecteurs assidus de magazines people, les Brésiliens n’avaient jamais entendu parler de Johan Eliasch. Ce richissime Anglo-Suédois a acheté un immense espace en Amazonie. Si l’affaire a été conclue en octobre 2005, elle n’a été révélée qu’en mai 2006 par le quotidien londonien The Times, ce qui a attiré l’attention du pays tout entier.

La parcelle se compose de deux propriétés, la plus grande se trouve à Maricoré, la seconde, à Itacoatiara, deux communes de l’Etat d’Amazonas [dont la capitale est Manaus]. L’ensemble représente 160 000 hectares, soit l’équivalent de la superficie du Grand Londres. Officiellement, Eliasch entend ainsi préserver la forêt tropicale. Mais, comme il l’a lui-même expliqué, son projet est en fait beaucoup plus ambitieux et il suscite bien des polémiques.

Car ce dont rêve le milliardaire, c’est de modifier le protocole de Kyoto, l’accord international de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Eliasch voudrait que les propriétaires de forêts puissent eux aussi recevoir des permis d’émission – ces “droits de polluer”, dont bénéficient les industries émettrices de gaz à effet de serre et qui s’échangent dans des Bourses spécialisées. Aujourd’hui, seuls ceux qui procèdent au reboisement ont droit à ces permis. 

Johan Eliasch, propriétaire du groupe Head, spécialisé dans les articles de sport, est à la tête d’une fortune personnelle estimée à 520 millions d’euros et compte bien tirer profit de son action pour la sauvegarde de l’environnement.

Son engagement au Brésil n’est donc pas uniquement celui d’un amoureux de la nature. Agé de 44 ans, né à Stockholm et habitant Londres, Johan Eliasch vit depuis 2002 avec Ana Paula Junqueira, une Brésilienne originaire de São Paulo, qui a tenté de faire carrière dans la chanson avant de se tourner vers la politique. Candidate à la députation en 1994 et 2002, elle a été battue les deux fois et est aujourd’hui secrétaire générale de l’Association brésilienne pour les Nations unies.

“Elle se montre très soucieuse de l’environnement, évoque sans cesse la beauté de la forêt et les horreurs que celle-ci subit. Son influence a été décisive”, explique Eliasch.
Grâce à sa compagne, l’entrepreneur a beaucoup d’amis bien placés au Brésil. “Elle connaît tout le monde”, s’amuse Eliasch. Leurs relations sont également politiques.

Eliasch – vice-trésorier du Parti conservateur britannique, auquel il a prêté des fonds – raconte que, pour mener à bien son investissement en Amazonie, il a, entre autres, reçu l’“aide précieuse” du gouverneur de l’Etat d’Amazonas, Eduardo Braga. “Tous les politiques se sont montrés extrêmement obligeants et ont parfaitement compris mon projet.” 

La forêt privée du Suédois a été acquise auprès du groupe américain GMO Renewable Resources, qui contrôlait la scierie Gethal. Sitôt l’affaire conclue, Eliasch a licencié 1 000 salariés de l’entreprise pour n’en conserver que 120, dont des agents de sécurité et du “personnel de terrain”, afin d’éviter le déboisement. Il n’a pas révélé le montant de la transaction, mais les médias britanniques parlent de 11 millions d’euros.

Eliasch estime pour sa part que les 400 millions d’hectares de la forêt amazonienne peuvent être acquis pour 12 milliards de dollars. Et il mène campagne pour que d’autres étrangers, hommes politiques et célébrités internationales, suivent son exemple. “J’ai reçu des centaines de demandes de personnes qui disent vouloir acheter des terres en Amazonie et qui ne savent pas comment s’y prendre.

Ce qui compte, c’est que ce mouvement ne soit pas considéré comme un déferlement d’étrangers venus acheter un morceau du Brésil. Il s’agit bien de contribuer à la préservation de la forêt. Nous ne sommes pas des colons”, affirme Eliasch. 

Pragmatique, il envisage d’exploiter sa forêt pour en tirer de nouvelles sources de revenus. “Médicaments alternatifs, huiles essentielles, produits de la biodiversité, etc.” A cet efet, il a contacté le docteur Drauzio Varella, qui dirige le projet de recherche de l’université de São Paulo sur les plantes médicinales amazoniennes.

Et il semble l’avoir convaincu. “Il m’a paru sérieux et bien intentionné, raconte Varella. Je lui ai décrit nos méthodes de travail, les technologies utilisées. Il m’a affirmé qu’il voulait œuvrer pour le développement durable, faire des recherches sur les huiles minérales, afin de rendre cette région viable économiquement tout en préservant la forêt ».

Racheter l’amazonie pour protéger la forêt

octobre 31, 2006 by

http://www.ecolopop.info

 C’est ainsi que Johan Eliash, millionnaire anglo-suédois et propriétaire du groupe Head (spécialiste d’articles de sport, inventeur du ski en métal), a choisi de contribuer à la préservation de la riche forêt amazonienne. Il a racheté à une scierie, en octobre 2005, deux parcelles d’exploitation de bois pour un total de 160000 hectares, au coeur de la forêt, dans l’état d’Amazonas, au Brésil.
 
L’objectif : préserver ces parcelles de toute exploitation intensive. Le montant de cet investissement caritatif est estimé par le Sunday Times à 8millions de livres sterling.

Selon Courrier International qui lui consacre une page dans son supplément “riches”, Johan Eliash estime que 400 millions d’hectares de la forêt amazonienne pourraient être acquis pour 14 milliards de francs. Il mène campagne pour que des célébrités et des hommes politiques suivent son exemple. Il projette également de produire des médicaments alternatifs, des huiles essentielles et de sauver ainsi la forêt amazonienne.Johan Eliash fait parler de lui mais il n’est pas le premier à agir ainsi : Paul van Vlissingen, milliardaire propriétaire de Calor Gas, a lui aussi investi 15 millions de livres sterling dans des espaces naturels, en Afrique cette fois.

Le Brésil adopte une loi pour l’exploitation de l’Amazonie

octobre 24, 2006 by

interet-general.info

BRASILIA (ATS) Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a divulgué, jeudi 2 mars 2006, une loi permettant aux entreprises privées d’exploiter de manière rationnelle et contrôlée les ressources de la forêt amazonienne. Il s’agit de la protéger du déboisement et d’activités agricoles illégales.

Grâce à cette nouvelle loi dite de « gestion des forêts publiques », le gouvernement accordera des concessions d’exploitation de forêts pour une période de quarante ans maximum à des entreprises, par le biais d’appel d’offres.

Ces zones seront situées en dehors des réserves indigènes ou de préservation de l’environnement.

Le gouvernement prévoit qu’au cours des dix prochaines années, phase de tests, il accordera des concessions sur 13 millions d’hectares de forêt, équivalents à 3 % des zones forestières de propriété publique au Brésil. Au Brésil, 60 % des forêts appartiennent à l’Etat et en Amazonie ce pourcentage monte à 75 %.

La loi crée également un Service Forestier chargé de veiller à ce que les entreprises respectent les contrats. Les surfaces de forêts cédées seront soumises à des audits extérieurs prériodiques. 80 % de l’argent recueilli avec les concessions sera partagé entre les Etats fédérés possédant des zones forestières, les municipalités et un Fonds de développement forestieres, les municipalités.

L’organisation écologique Greenpeace s’est félicité de la loi.

Depuis les années 1970, quelque 700000 km2 de la forêt amazonienne ont été détruits, par la coupe des arbres et les incendies volontaires destinés à agrandir les zones de paturage. Sur 24 millions de mètres cubes de bois extraits d’Amazonie en 2004, 45 % l’ont été de manière illégale, selon des chiffres officiels.

BRÉSIL – Poumon de la planète à vendre

octobre 23, 2006 by

Courrier international

Par Ramy Wurgaft – El Mundo  

 Le gouvernement brésilien, applaudi par Greenpeace, privatise une partie de la forêt amazonienne. Heureuse initiative ou désastre écologique

La première fois que Lula a exposé son projet, les ministres ont cru que le président plaisantait. Privatiser la forêt amazonienne brésilienne ?
 
Cette immensité de forêts et de fleuves qui représente 73 % du territoire national ? A la surprise générale, le projet a obtenu l’approbation du Congrès et même la bénédiction de Greenpeace, la plus exigeante organisation de défense de la nature.

La ministre brésilienne de l’Ecologie, Marina da Silva, elle-même originaire d’un Etat amazonien, a aussi donné son feu vert. 
 
La loi, entrée en vigueur début mars, envisage d’octroyer des concessions payantes à des entreprises privées sur 130 000 des 5 millions de kilomètres carrés de l’Amazonie, berceau de la plus grande biodiversité de la planète.

L’objectif de ces concessions est d’éviter l’exploitation illégale des ressources naturelles par des aventuriers comme Paulo do Sosa Almeyda, un vendeur de journaux devenu propriétaire de plusieurs casinos flottants [sans aucune autorisation] sur le bassin du fleuve Amazone et d’une flottille de petits avions. Sosa Almeyda a falsifié un titre de propriété de l’Etat et s’est approprié 5 millions d’hectares de forêt vierge. En moins de deux ans, il a fait fortune grâce au commerce de bois précieux. 

Pour mieux protéger la forêt, le raisonnement du président Lula et de la majorité des députés table sur le fait que la vente de ces 13 millions d’hectares à des entreprises privées va en interdire l’accès aux défricheurs illégaux, ainsi qu’aux garimpeiros (prospecteurs clandestins d’or et de pierres précieuses) et même aux prétendues ONG qui, sous couvert d’aider les communautés indigènes, volent des plantes médicinales pour les revendre à de grands groupes pharmaceutiques.

Cette tentative de privatisation de l’Amazonie montre bien que le coûteux dispositif de surveillance [notamment par satellite] mis en place pour éloigner ceux qui en convoitent les richesses n’a pas atteint son objectif. 

Les détracteurs du projet soulignent que cette privatisation engage le pays dans un début de renoncement à sa souveraineté sur le poumon de la planète. [Un débat récurrent au Brésil, où l’on craint que la forêt amazonienne ne soit internationalisée.] “Au lieu d’avoir le drapeau d’une puissance étrangère flottant sur la forêt, nous aurons des clôtures électrifiées avec des panneaux annonçant : ‘Interdiction d’entrer, propriété privée de telle ou telle entreprise’”, s’indigne Leão Vargas, conseiller municipal de Manaus [capitale de l’Etat d’Amazonas]. 

Par ailleurs, Vargas doute de la capacité des entreprises commerciales à respecter les limitations imposées par la loi à leurs activités. Celle-ci prévoit en effet que les concessions seront octroyées pour quarante ans, avec l’obligation de se soumettre tous les trois ans à un contrôle de la gestion forestière pour vérifier le caractère durable de l’exploitation des ressources naturelles.

Un amendement prévoit également la création d’un Service forestier brésilien (SFB) qui sera chargé de délimiter les zones concédées, tout en assurant la préservation des réserves indiennes. Les agents du SFB seront envoyés sur des points stratégiques comme les fleuves, afin de contrôler les marchandises qui partent vers les marchés étrangers.

Les artisans de cette loi font valoir que les piratas [exploitants illégaux et contrebandiers], non contents de surexploiter la forêt avec les graves conséquences écologiques que l’on connaît, ne partagent pas leur butin avec l’Etat.

Or, selon les estimations, cette vente devrait renflouer les caisses de l’Etat à hauteur de 4 milliards de dollars (environ 3 milliards d’euros) grâce aux impôts et taxes diverses. Autre argument majeur : cette initiative devrait créer 5 000 emplois, dans une région ravagée par le chômage. Lula passera-t-il à la postérité comme le sauveur de l’Amazonie ou comme l’auteur d’une hécatombe écologique?

Lula, garde forestier de l’Amazonie

octobre 23, 2006 by

Liberation.fr : http://www.liberation.fr

Chantal RAYES – février 2006 –  São Paulo de notre correspondante 

Le gouvernement brésilien a approuvé une loi pour freiner la déforestation.

Présentée comme le principal acquis du gouvernement de Lula en matière d’environnement, la loi réglementant la gestion des forêts publiques du Brésil a été approuvée mardi par le Congrès. Jugée cruciale pour la préservation de la végétation primaire et la lutte contre le défrichement illégal, cette loi s’applique à tous les biomes (les régions bioclimatiques) du Brésil, à commencer par l’Amazonie, la plus grande forêt pluviale de la planète, qui couvre plus de la moitié du pays.

« Concessions payantes ».

Entre autres modalités d’exploitation «durable» des ressources forestières, le texte prévoit l’octroi de concessions payantes, pour une durée maximale de quarante ans, à des entreprises nationales et étrangères (sous conditions), ou à des associations communautaires, sur treize millions d’hectares de forêts au cours des dix prochaines annés.

L’objet de la concession sera l’extraction de produits forestiers (bois, résines, huiles essentielles) et l’écotourisme, selon des normes d’exploitation «durable» qui seront fixées dans l’appel d’offres. L’un des critères de sélection du concessionnaire (qui n’aura pas le droit d’acquérir la terre) sera le faible impact de son activité sur l’environnement.

Ce mécanisme de concession vise à développer l’économie locale tout en réduisant la spoliation des terres publiques, l’un des principaux facteurs de déboisement, notamment de l’Amazonie dont ces terres couvrent 75 % de la superficie. Il devrait freiner aussi l’extraction illégale du bois.

La ministre de l’Environnement, Marina Silva, à l’origine de cette loi, s’est voulue pragmatique : puisque l’exploitation de la forêt est inévitable – 20 millions de Brésiliens vivent dans la région amazonienne -, autant limiter les dégâts. Pour elle, cette loi va consolider la baisse du rythme de défrichement de l’Amazonie (19 000 km2 détruits entre août 2004 et juillet 2005, soit 30 % de moins que la période précédente). 

« Risque énorme ».

Si certains écologistes, et notamment les «radicaux», pour qui la forêt doit rester intouchable, voient dans ce texte une carte blanche pour sa destruction, les grandes associations de défense de l’environnement, comme Greenpeace, ont salué son adoption. Elles soulignent néanmoins que l’Etat doit se doter des moyens de faire appliquer la loi, et appellent le président Lula – qui doit encore la promulguer – à opposer son veto à un amendement introduit par la droite : l’inclusion, dans le conseil chargé de la gestion des forêts, du ministère de l’Agriculture d’où «le risque énorme de voir l’agrobusiness [l’un des responsables du défrichement de l’Amazonie, ndlr] obtenir un pouvoir de décision sur l’usage de la forêt».

Une partie des exploitants de la filière bois se félicite également de cette loi. Les concessions permettront de garantir qu’ils agissent légalement en Amazonie, où la plupart des titres de propriété sont forgés et où 42 % du bois proviennent d’exploitations clandestines. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à vouloir faire certifier leur production par le Forest Stewardship Council pour répondre aux exigences du marché extérieur, et notamment européen. 

Lula approuve la privatisation de la forêt amazonienne

octobre 23, 2006 by

par Eleonora Gosman    – Le 6 mars 2006 

Clarin (Buenos Aires) – Al´encontre.org.mondialisation.ca

Un des « poumons du monde » aux enchères : Lula approuve une loi qui privatise la forêt amazonienne.

Ce sont cinq millions de kilomètres carrés qui feront l’objet d’appels d’offre pour leur exploitation.

Le gouvernement dit qu’ainsi il protège la zone des appropriations illégales. Ses critiques affirment que l’Etat ne saura pas comment contrôler le commerce.

Quelques-uns qualifient cette loi de privatisation de la forêt amazonienne de «grand legs» du président Lula da Silva pour l’Amazonie. D’autres la considèrent comme un don de la forêt au capital privé, avant tout le capital étranger.

Ainsi, la nouvelle loi qui règle l’exploitation économique de l’une des principales forêts tropicales du monde est née dans un contexte de polémiques. Elle a été approuvée le 2 mars 2006, par le président brésilien.

Il y avait plus d’incertitudes que de certitudes sur les effets que la législation aurait quant au futur des 5 millions de kilomètres carrés que recouvre cette forêt (à 60% propriété de l’Etat), une des forêts qui constituent l’un des rares «poumons» du monde qui fonctionne encore.

La loi, adoptée par le Congrès brésilien aboutit à une privatisation de ce qui est appelé «l’Amazonie légale». Elle permet à des entreprises privées d’obtenir des concessions pour exploiter les forêts publiques, même si l’Etat conserve le titre de propriété.

Cette loi a été condamnée par des organisations écologistes ; par contre Greenpace Brésil a défendu cette nouvelle norme.

Officiellement, l’objectif visant à privatiser au travers de concessions vendues par l’entité publique est expliqué de la sorte: on éviterait ainsi l’appropriation illégale des terres par des aventuriers qui s’ingénient à forger des titres de propriété privée concernant des terres appartenant à l’Etat.

A ce propos, un des cas les plus connus fut celui de Cecilio do Rego Almeida, propriétaire d’une grande entreprise de construction, qui s’est approprié 5 millions d’hectares dans le sud de l’Etat du Para.

La seconde fonction de la loi consiste à assurer à l’Etat brésilien des normes de régulation pour les secteurs placés sous concessions. C’est de l’argent qui entrerait dans le budget de l’Etat. En échange, cela permet à des entreprises de faire de l’Amazonie un espace d’exploitation économique «durable»: depuis l’exploitation forestière jusqu’à l’utilisation du patrimoine génétique pour les médicaments.

En théorie, cette loi devrait «réorganiser» les activités dans la région amazonienne. Ainsi, la loi créée un Service forestier brésilien qui n’existait pas jusqu’à maintenant. Elle lui attribue la possibilité d’identifier des lots – des sortes de réserves-ressources – de forêt qui pourront être exploités au cours des  prochaines décennies.

De même, ce service aura la tâche de mettre en place le système de concessions. Les divers secteurs de la forêt à privatiser ne sont pas homogènes.

La loi établit trois dimensions: les lots petits, moyens et grands!  Selon le gouvernement, cette distinction à pour but d’assurer que puissent accéder au trésor amazonien des entreprises de tailles très différentes: depuis des PME, jusqu’à des grandes firmes nationales et transnationales.

A ces dernières on exige seulement qu’elles disposent d’une filiale avec bureaux au Brésil. Les concessions peuvent s’étendre sur une durée de quarante ans. La seule mesure de précaution pour un usage «durable» («soutenable») réside dans un contrôle de la gestion forestière chaque trois ans.

Ceux qui dénoncent la nouvelle loi soulignent que durant ce temps les entreprises pourront provoquer des dégâts écologiques sans commettre une faute et donc encourir une peine et, avant tout, sans que l’Etat brésilien ne puisse être au courant.

Comme cette loi a été adoptée par un gouvernement à la tête duquel se trouve Lula et par une ministre de l’environnement populaire comme Marina Silva – née dans une famille d’ouvriers du caoutchouc – elle est censée intégrer une dimension sociale.

Elle prévoit donc la création de lots visant à conserver des forêts publiques qui seront attribuées à une production «durable». Autrement dit, un certain espace est laissé à ceux qui exploitent les fruits de la forêt amazonienne soit pour un usage communautaire ou commercial sur une petite échelle. C’est le cas pour ce qui concerne des communautés noires et des populations indigènes (indiennes).

Cette initiative à un objectif affirmé: attirer le capital privé afin d’exploiter le bois et la biodiversité de l’Amazonie ; tout cela au nom du développement d’une «forêt productive».

En outre, le projet s’effectue sous le couvert officiel d’être «auto-soutenu» et de viser à protéger la biodiversité. En plus, il est sensé s’intégrer au projet de la politique scientifique et technologique du Brésil.

Ceux qui dénoncent le projet sont implacables. Ils affirment que cette loi n’empêchera pas l’exploitation abusive des ressources forestières. Dès lors, les coupes massives et indiscriminées d’arbres continueront à grande vitesse.

Beaucoup de techniciens et de scientifiques considèrent que les concessions ne seront pas suffisantes pour améliorer le contrôle sur l’industrie du bois. Ils soulignent que les expériences effectuées dans d’autres pays amazoniens disposant de lois similaires permettent de faire la démonstration de leur manque d’efficacité.

Ils affirment que des concessions attribuées dans des régions difficiles d’accès n’empêchent en aucune mesure que les ressources forestières soient pillées et que l’extraction illégale de bois précieux continue.

La loi fut durement mise en question par l’Institut des avocats du Brésil. Selon le coordinateur de la Commission du droit environnemental, Marcos Montenegro: «Mettre en œuvre la privatisation de l’Amazonie revient à la donner au capital étranger». (article traduit par la rédaction de A l’encontre).